Lip (Gallagher) et moi avons traversé une épreuve dont nous avons failli divorcer. Là où notre couple peut s'avérer méga solide quand il s'agit de parler de choses graves, au pif, son-ex-la-pute, on est tout de suite plus fragiles dès qu'on aborde des trucs futiles et sans intérêt. Va comprendre !

Pour tout te raconter y a t'il vraiment des barrières entre nous ?, nous sommes allés pique-niquer et non, nous n'avons pas oublié de piquer, au bord d'un lac. Je ne me sentais plus péter parce que j'avais même pensé à emporter une couverture pour pas se cracrader le cucul. Chose qui, tu en conviendras, est plus que pratique quand tu veux éviter de jeter ton futal à la poubelle après avoir mangé 3 tomates cerise le cul sur le gazon, hein ?

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Petit lieu de pique-nique en toute tranquillité !

Là où on a été encore plus contents, c'est quand, en partant, on a vu qu'on avait posé la couverture pile sur un caca de chien ! On aurait pu râler mais nous ça nous a réjoui. Pinaise, on devient adultes, c'est cool ! Bref, en rentrant à la maison, on fout directement ladite couverture dans la machine et on en profite pour remplir cette dernière.

Est-ce que tu commences à voir ce qui va se passer ?

Quand la machine me biip-biip pour me signifier que le linge est propre, je me précipite oui, je suis une ménagère consciencieuse, pour étendre le linge. Je sors donc le linge, vêtement après vêtement et, étrangement, je ne reconnais pas mes affaires. Je ne me souvenais pas avoir ce t-shirt dans cette couleur, par exemple. Quand on connaît mon armoire qui déborde dégueule, on sait que, bon, j'ai peut-être la mémoire courte sur son contenu. Et puis vraiment, on avance, je me dis que ce n'est pas possible, ce ne sont pas nos affaires. L'idée m'a traversée l'esprit que ce soit les vêtements d'une autre meuf. J'ai failli pleurer/crier/taper/cracher sur Lip... Non, non, pas du tout hystérique, la nana !

Et puis, viennent le tour des affaires de Lip. Et là, c'est le drame. Toutes ses affaires sont devenues roses mais genre, rose-bien-rose. Ses caleçons, ses chaussettes, ses chemises récemment achetées, son t-shirt préféré. Oh - Oh ! Qu'est-ce que j'ai fait ???

J'ai donc sorti la coupable en dernier lieu de la machine : la fameuse couverture rouge du pique-nique, toujours bien rouge la connasse.

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Je te présente la presque même chemise AVANT

J'ai donc attendu le retour de Lip à la maison, les nerfs à vif, l'angoisse au bide tout en me demandant comment j'allais lui annoncer cela. Je savais qu'il ne m'en voudrait pas parce que nous avons mis les vêtements dans le tambour tous les deux, je savais toutefois qu'il serait en colère. J'ai essayé de trouver des scénarios possibles :  une bête s'est faufilée dans la machine pendant le week-end en lavant, elle a explosé, il y a du sang sur toutes nos fringues. Et puis, je me suis ravisée, j'ai eu peur de passer pour la foldingue de service.

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Je te présente la chemise APRÈS.

Il est rentré. Je crois ne pas lui avoir dit bonjour que j'avouais déjà le désastre. Et là c'était parti.

"Mais c'est pas possible ! A cause d'une p*** de couverture à 2 balles, on a niqué pour plus 200 balles de fringues ! Fais chier ! Comme par hasard, mes affaires préférées ! Ca me pète les ****, p**** de b*** de m****, sa mère la p*** ! Si ça continue, je vais acheter 2 bacs à linge, on fera chacun sa lessive ! Et punaise, mais même cette bouteille d'eau est contre moi ou quoi ? Pourquoi elle ne s'ouvre pas ? Sa mère la bouteille, va !"

Oui, tu as bien lu, il a tout de même essayé de faire porter le chapeau à un moment donné mais je savais que si je disais quelque chose à ce moment précis, c'était comme faire tomber une allumette en feu sur une flaque d'essence. Alors, j'ai fermé ma bouche pourtant ce n'était pas l'envie qui manquait de lui dire des trucs stupides que je ne pensais pas, du genre : qu'il n'avait qu'à prendre ses responsabilités, que j'en ai marre de tout faire et que s'il s'énervait comme ça, c'est qu'il devait être mal baisé et j'ai réalisé que c'était moi que j'insultais alors je l'ai fermée, j'ai fumé une longue cigarette sans la faire tomber dans l'essence en regardant dehors, en attendant qu'il se calme et qu'il ne dise plus rien.

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Adios le t-shirt préféré !

Bon cela a été plus long que ce que je ne le pensais, honnêtement. Et puis, il est venu me voir en me disant que, bon, quand même, on ne peut pas dire, son caleçon est bien plus beau en rose/rouge qu'en gris et qu'une de ses chemises est encore à peu près portable. Petit à petit, la colère est redescendue, il a fait le deuil de ses habits préférés et a même dit qu'il était prêt à aller bosser avec ses guenilles du fond du placard en attendant de s'en racheter d'autres.

Pour faire la paix de tous ces mots et se détendre, je lui ai proposé d'aller boire une bière.

"Allez viens, je t'offre une ruby !"
(Visiblement, c'était trop tôt pour en rire !)