Ca partait d'une bonne volonté : me faire un corps de déesse !

J'ai eu une révélation un beau matin : la piscine, c'est ce qu'il me faut. Avec le recul, je me demande vraiment ce qui a bien pu m'arriver ce jour là mais soit. J'ai checké les horaires de la piscine la plus proche de chez moi. Je suis allée au magasin de sport près du boulot pour m'acheter l'équipement nécessaire et, comme toujours quand tu te mets à un sport, tu te dis que plus tu es équipée, plus ça te motivera à y aller longtemps. Faut qu'on arrête avec ça, les filles. Vraiment.

Je suis donc ressortie avec :

- 1 maillot de bain une pièce à 24,99 euros j'ai pas trouvé les monokini - pourtant, je suis sûre que le style rosbif m'irait à merveille,
- 1 bonnet de bain ananas à 4 euros quitte à avoir l'air d'une tête de bite autant que ce soit une tête de bite tropicale,
-
et des lunettes de piscine à 14,99 euros.

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Le soir venu, on m'a proposé une bière et je n'ai pas pu dire non. Et quand John (Smith) m'a demandé pourquoi DES LE PREMIER JOUR, je n'avais pas tenu ma bonne résolution, je lui répondu avec un aplomb pas possible :

"Mais il pleuvait !"

Désolée, je n'avais que ça en stock !

Le lendemain, je savais que je ne pouvais plus y échapper. C'est donc avec mon petit sac de piscine et mes jolies affaires que j'avais trop hâte d'enfiler que je me suis pointée à la piscine. Pleine d'entrain, j'ai dit :

"Bonjour, je voudrais 10 entrées s'il vous plaît".

Ouais, je sais je suis une guedin.

La nénette qui avait l'air somme toute aussi passionnée par son job que moi par le tuning m'a répondu d'un ton niaiso-désagréable sans même lever le nez de son Gala :

"Justificatif de domicile !"

Ah ouais, OK, on ne fait même plus de phrase. Bon bah d'accord.

"Ai pas."

"Problème."

"..."

"Pour le tarif réduit."

"..."

"Prenez une séance. Revenez avec vot' justificatif de domicile."

"Ok."

"..."

"..."

"..."

"Bah... je veux bien une entrée alors..."

Elle a soufflé et a fini par me sortir laborieusement mon graal pour aller faire danser tous les champignons du pédiluve. Du coup, je me suis précipitée dans le tourniquet pour aller vers les vestiaires. On oubliera alors ce moment gênant où, entre mon sac de sport, mon sac à mains, mon ticket et mon portefeuille encore ouvert dans les mains, je suis restée coincée dans le tourniquet.

Une fois extirpée, il fut temps de trouver les toilettes pour un problème technique que je n'avais pas envisagé : le changement de cup. J'ai choisi mon jour pour me mettre à la natation ! C'est donc une fois dans les toilettes où il n'y avait pas de porte-manteaux si,si, ce détail a une importance, tu vas voir que j'ai réalisé que j'aimais vivre dangeureusement. Ah bah oui ma p'tite dame ! Mais pour changer une cup avec un sol mouillé et pas de porte-manteaux, ça veut dire que tu dois changer de cup avec le sac de sport sur le bras gauche, le sac à main sur le droit. Trop tiquepra ! Vlà ti pas que j'avais eu l'EXCELLENTE idée de mettre une jupe ce jour là sinon, ça ne serait pas drôle, hein !, ce qui rend le vidage de cup encore plus cocasse. Le collant à moitié baissé, les cuisses écartées pour pas que le collant ne glisse jusqu'en bas, les sacs prêts à se faire la malle comme si tu les retenais en otage.... Picasso en aurait fait un tableau ! Il a aussi fallu sortir de la cabine en mode OSS 117 pour que personne ne me voit nettoyer ma cup dans les lavabo communs avant de rerentrer dans les toilettes qu'on avait essayé de me piquer entre temps pour la remettre. Et rebelotte : collant, cuisses, sacs fuyards...

Finalement, j'ai trouvé une cabinette pour enfiler mon maillot de bain. J'avais pas spécialement anticipé l'épilation avant de venir à la piscine publique et bondée de la ville mais bon... Quitte à ressembler à... à ... à rien en fait, autant le faire jusqu'au bout ! Vous m'imaginez donc hyper à l'aise dans mon nouveau maillot de bain et mon bonnet ananas !

Après avoir passé l'horrible étape du pédiluve et de la douche toujours trop froide, me voilà près du grand bassin, archi-prête à les épater avec ma nage papillon du feu de dieu. Enfin ça, c'était dans ma tête. Punaise, qu'est-ce qu'elle est froide ! Je me lance et commence en douceur par de la brasse. A mi longueur, je suis déjà essouflée. Au bout, je fais une pause faut pas déconner ! A la deuxième mi-longueur, je suis prise d'une crampe et je m'imagine déjà me noyer, me faire secourir par le maître nageur moustacho-bedonnant, me taper la honte devant les CM2 de la rangée d'à côté. Je finis donc la longueur en petit chien pour finir sur une autre pause et pour me remettre de ma crampe.

A cet instant là, quelque chose me traverse l'esprit : "Heureusement, que je n'ai pas pris les 10 entrées, hein !"

J'ai continué tant bien que mal à faire quelques longueurs de brasse. Le crawl ce sera pour dans quelques jours années ! J'ai vu tous les nageurs me doubler 2-3 10-15 fois ! Pas de quoi me décourager pour autant. Je me suis tout de même permis une petite folie : une dernière longueur sur le dos. C'est quand je me suis retrouvée au milieu du bassin, c'est-à-dire à 5 rangées de la mienne que je me suis dit que j'arrêtais les conneries ! Retour au vestiaire.

En me rhabillant, j'ai réalisé qu'il ne fallait JAMAIS-Ô-GRAND-JAMAIS mettre de jupe et des collants le jour où tu as piscine. Déjà, c'est hyper acrobatique d'enfiler les collants dans la MINUSCULE cabine sans toucher le sol mouillé et ça fait prendre de drôles de positions. J'étais plus fatiguée ensuite  qu'après avoir couru un 10 km.

Je suis donc ressortie de la piscine municipale avec les yeux rouges et les cheveux mouillés j'ai pas compris comment fonctionnaient les sèche-cheveux en me jurant de ne plus jamais y retourner. JAMAIS. Même sous la torture. Même si on me payait. Enfin... Ca dépend combien !

EDIT : Et comme bien sûr, cette séance de piscine n'était pas suffisante, je me suis choppé un champignon sous les pieds parce que j'avais oublié mes tongs. 3 mois de traitement, 3 mois à être une paria du pied rien le droit de toucher avec mes pieds que quelqu'un d'autre est susceptible de toucher ! Ca m'apprendra à vouloir être sportive !

 

 *Photo Jimmy Marble