J'avais beaucoup de volonté pourtant... Et puis non ! Comme toutes les expériences/recettes/attractions/films/livres que l'on voit pousser sur la toile, j'ai voulu tester pour vous faire part de mon expérience. Déjà, parce que ça a titillé ma curiosité, ensuite parce que je pensais être quelqu'un de lève-tôt et du coup, que ce serait plus facile. Comme quoi, on en apprend tous les jours sur soi...

Kindra_Nikole

Le miraqueul, quoi ?

Le miracle morning, c'est cette théorie issue du best seller du même nom han, c'est bien foutu la vie quand même ! qui vise à te faire comprendre que si tu te lèves tôt mais genre avant 11h ? tu seras plus heureux dans ta vie. En gros, faut mettre ton réveil 2h plus tôt que d'habitude et en profiter pour faire de la méditation, du sport, de la confiture ou du tambourin sur une planche à roulettes. Attention, ça va booster ta vie et tu en sortiras grandi ! Ca fait quand même  beaucoup de gens malheureux tout ça ! Beaucoup de gens malheureux prêts à faire n'importe quoi pour être heureux, mais bon. Entre nous, se lever 2h plus tôt pour être plus heureux, c'est plutôt se lever pour être 2h de plus malheureux mais c'est une question de point de vue. Alors que moi, quand j'ai un coup de mou, je sors de chez moi et je vais m'acheter des chichis, par exemple. Je l'ai toujours dit : le gras, ça met du baume au coeur... et du gras au cul.Le gras, c'est la vie !

Bien décidé à tenter l'expérience #reportersansfrontière, j'ai d'abord lu plein de billets en mangeant des chichis sur des gens qui l'avaient fait et trouvaient ça vraiment FOR-MI-DABLE ! Ca redonne réellement un sens à ta vie, toussa-toussa... Je finissais par culpabiliser grave de dormir après 9 heures alors bon, je me suis lancée.

J'ai d'abord calculé que si d'ordinaire je me réveillais à 7h30 7h35 7h40 7h45 7h50 7h55 8h00 8h05 8h10 8h13 oui, j'ai le syndrôme du "5 minutes encore", ça te pose un problème ?? il fallait donc que j'envisage de me lever... en pleine semaine... à 6h. Gloups ! Je t'avoue que mon entrain en a pris un coup, hein !

Le premier jour, le réveil a sonné à 6h. J'ai bien cru que c'était une blague et que je n'avais pas dormi du tout. Crois-le ou non mais à 6h05, j'étais hors du lit. Bon, c'était pas très beau à voir mais j'étais debout. Après une bonne douche et une orange pressée, je me suis demandée ce que j'allais bien pouvoir foutre à une heure pareille. Il était beaucoup trop tôt pour aller courir, c'est un peu craignos le parc de nuit. J'ai donc opté pour un renforcement musculaire à domicile, même si mon cerveau trouvait cela d'une telle violence ! Quelques abdos, quelques poids, la planche... Et BIM position allongée, mon corps n'a pas apprécié, mes bras ont lâché, je suis allée voir le parquet directement, j'aurais pu m'endormir en 3 secondes.

Une fois les exos finis, il me restait encore 1h15 avant de partir, et pas beaucoup d'inspiration pour améliorer ma vie. Alors bon, j'ai fait la vaisselle. L'inspiration me viendrait peut-être de jour en jour, l'essentiel était d'être debout. La journée qui a suivie a été d'une lenteur incroyable. A 10 heures, je croyais qu'il était midi, je ne me sentais pas plus productive, j'ai fait une sieste en rentrant, du coup, j'ai failli raté ma séance de sport et je me suis endormie sur mon assiette de haricots verts à 21h33. Jour 1 : je n'avais toujours pas dit "formidable" ou "sens à ma vie", hein ! Mais il faut persévérer.

Le deuxième jour, je crois que mon corps a fait un déni de réveil : il n'a même pas entendu la sonnerie. J'ai ouvert un premier oeil à 7h10 et je me suis dit que l'assistance ne m'en voudrait pas d'avoir 1h10 de retard sur mon non-programme de Miracle morning. Toujours après ma douche et mon orange pressée, inspiration zéro pour la suite. J'ai donc mis mon manteau pour aller à la boulangerie. Me forcer à prendre un VRAI petit déj' me rendra peut-être plus heureuse que mes Belvita petit déjeuner aux 5 céréales. Qui sait...Sur le trajet, je me disais que j'avais parfois de sacrées idées à la con dans la vie ! Si la matinée ensuite est passée plus vite, j'ai eu un gros coup de barre à 13h30 après le déj avec une envie de siester à donf. La journée est passée sans encombre même si mon bonheuromètre était toujours aussi souriant.

Le soir, on a vu les amis pour fêter le week-end, tradition ancestrale et indispensable au bonheur. J'ai essayé de convertir Lucas (Scott) au Miraqueul Morninge pour me sentir soutenue à l'idée de me lever un samedi matin avant 8h. J'avoue que le week-end m'effrayait encore plus que le reste. On parle quand même de la meuf qui fait partie de ceux qui ne savent pas qu'il y a de la vie dehors avant 10h du mat', hein ! Lucas a tellement ri à l'évocation de l'idée que j'ai bien cru qu'il allait me claquer entre les doigts.

Et le jour 3 est arrivé, avec son réveil à 7h45 : bah quoi ? On a dit avant 8h ! Je savais très bien que, seule un samedi matin, je n'y arriverai pas, alors, petite cochonne que je suis, j'ai réveillé avec douceur et quelques claques, Lucas dans l'idée de faire son activité sportive préférée qui a un rapport lointain avec des rideaux, si tu vois qu'est-ce que je veux dire. En guise d'approbation, j'ai obtenu un "grmmpfff" des moins enthousiastes. A défaut de grimper au rideau, j'ai donc ouvert un livre pour tenter de m'occuper l'esprit. A 9h, je suis allée au marché, Lucas ronflant encore de toute son âme. J'ai apprécié ce moment seule je dois bien l'avouer, sous un soleil timide et encore frais, admirant la populasse d'un oeil ébahi. Le samedi... A 9h... il y a des gens qui ont déjà fait leur marché... Ils sont biens habillés... Ils sont lavés... Maquillés... Coiffés... Je n'en revenais pas ! Avec mon jogging aux taches de javel, mes ballerines aux pieds ouais, pas top top la coordination mes cheveux en bataille et mes traces de rimmel sous les yeux, je croyais naïvement que personne ne me verrait. Rentrée à 10h, je suis allée courir au parc. A mon retour, Lucas émergeait seulement. J'avais fait avant qu'il ne se lève tout ce qu'on fait d'habitude dans un samedi entier. J'étais pas peu fière même si j'étais déjà fatiguée. Alors qu'il engouffrait goulument sa tartine au chocolat, Lucas a déjanté à 11h quand je lui ai proposé de faire à manger. Déjà.

Toute la journée, nous avons été actifs. Quelques moments de coups de barre. Quelques envies de dormir longtemps et profondément. Le soir, nous avons re-refait le monde avec les amis. J'avais l'impression d'avoir vécu une journée de 53h tellement on avait fait de choses. C'est plutôt positif et ça donne envie de se donner un coup de pied au cul plus souvent et de mettre un réveil pas trop trop tôt non plus - ne nous enflammons pas  le week-end pour profiter pleinement. Malgré la fatigue, j'étais bien décidée à continuer mon expérience mais c'était sans compter sur tous ces ti punch avalés jusque 3h du matin et qui m'ont fait totalement abandonner au premier son du réveil à 7h45 le dimanche. Plus de jus. Plus d'envie.

J'ai trouvé que 3 jours de Miracle Morning c'était déjà bien suffisant et puis bon, je resterai une fille heureuse et productive en me levant tard ou à la dernière minute. Tant pis ! Je me sens heureuse et pleine de vie pour faire plein de choses tout le temps. Ce n'est peut être pas tout à fait pour moi ce miracle morning. Tout simplement. Ou alors, pour réussir mon prochain miracle morning, je pense faire un gosse, paraît que ça marche bien !

*Photo Kindra Nikole