C'est ainsi qu'a commencé 2017.

Ca fait quelques mois que je me dis qu'après le nouvel an, ce serait la fin. Ca s'est rapproché à vitesse grand V. Juste avant de festoyer, me dire que j'avais dans mes mains mon dernier paquet, que je n'en rachèterai plus, ça m'a fait bizarre. Mais je suis vite passée à autre chose en me disant qu'on n'y était pas encore, qu'il fallait que je profite.

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A minuit, j'ai fait plein de bisous, des calinous et j'ai dû dire ce que j'allais prendre comme résolution en 2017. Et j'ai rien dit, parce que pour moi, c'était porter malheur, et j'étais pas encore sûre à 100% de vouloir me lancer. Vu que personne n'était pas au courant. Et puis le 1er janvier est arrivé. La date fatidique aussi. Un dernier coup d'oeil à mon paquet. Il n'était pas vide. Alors j'ai continué à fumer toute la journée, puis celle du lendemain c'est pour dire à quelle point je ne suis pas une grosse fumeuse. Chaque cigarette me rapprochait de la date fatidique. Et puis, j'ai fumé la dernière. Je pensais qu'elle aurait meilleur goût.

Mais c'était pas une clope d'après-manger.
C'était pas une clope qui accompagne une bière.
C'était pas une clope de contrariété.
C'était une clope passe-temps et celles-ci je ne les savoure pas plus que ça. J'étais un peu déçue.

Mais c'était la règle ma pov' Lucette. Alors, j'ai appelé Mon-mec qui était dans la chambre, je l'ai regardé et je lui ai dit :

"Mon-Mec, mon paquet est vide. Je n'en ai plus ensuite."

Il a compris que j'allais arrêter. Il a souri et m'a serré dans ses bras. C'est un peu pour lui que je le fais. Il est non-fumeur. Vivre avec un fumeur, c'est pas facile. Déjà pour les odeurs. Dans l'appart et sur moi aussi. Mais il n'a jamais rien dit. Sauf en soirée, quand on était 15 à fumer à la fenêtre du salon. Et puis, plusieurs fois il m'avait demandé si un jour, j'arrêterai. Ce serait bien pour ma santé, régénérer mes poumons, nos futurs enfants. C'est pour ça que je l'aime, Mon-Mec. Il me parle toujours avec délicatesse, sans jamais juger, sans mettre la pression, juste pour me conseiller. Parce que je sens que ma santé, c'est important à ses yeux.

Il posé quand même quelques questions : "Mais genre tu n'en as plus du tout ? Tu vas faire comment si tu as envie d'en fumer une ? Tu veux pas le faire en douceur ?"

Mais je me connais, la méthode douce ne fonctionne pas avec moi : si je sais qu'il y a des cigarettes chez moi, je vais les fumer. C'est comme les chocolats, je n'en achète pas pour ne pas craquer. J'ai donc répondu que je préférais ne pas en avoir. Et que j'allais forcément avoir envie d'en fumer une voire plein, c'est un peu ça le principe d'arrêter, non ?

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A l'heure où j'écris ce billet, ça fait 2 jours que j'ai arrêté et que je n'ai pas fumé. Ca peut paraître dérisoire pour vous mais je vous jure que ça tient de l'effort. Je sens que c'est la première semaine qui va être la plus difficile. 2 jours dont 1 en vacances, là où j'ai tendance à plus fumer. Hier, j'ai eu envie de fumer après mon petit-déjeuner, j'ai eu envie de fumer en sortant d'Ikéa on connaît tous la galère Ikéa en couple, j'ai eu envie de fumer après le restaurant, j'ai eu envie de fumer avant le sport et après le dîner. Mais je n'ai pas fumé. Ce matin, dans la voiture, je me suis dit :

"Tiens, d'habitude, j'en aurais fumé une sur la route"

En écrivant, je me dis que c'est déjà une petite victoire. Mon-mec me demande régulièrement si "ca va", genre "tu tiens le coup, meuf ?". Alors oui, je tiens le coup. Ca va pas être facile tous les jours mais j'ai envie d'y arriver. Et même si je vais être tentée, j'ai l'impression que ce n'est pas la montagne la plus insurmontable. Il faut que je pense à mon avenir. Il faut que je pense à moi.

Il faut dire ces derniers temps, j'ai eu un peu peur. Je suis une petite fumeuse et pourtant, depuis le mois de juillet, je suis à ma 4ème bronchite. Soyons honnête : le tabac y est pour quelque chose !

Je sais que je suis capable de le faire. J'ai arrêté 2 ans. Et je n'y pensais même plus. Bah pourquoi avoir repris alors ? je vous entends déjà d'ici Par bêtise, comme quand j'ai commencé. J'étais en voyage humanitaire, à l'autre bout du monde, le soir on s'ennuyait, j'ai fumé une cigarette un soir, puis tous les soirs. En rentrant, je ne pensais pas continuer. Et puis j'ai tiré des lattes sur les cigarettes de mes copines. Puis, j'en ai taxé une comme ça. Puis beaucoup. J'ai dû leur acheter des paquets pour les dédomager. Et puis je me suis acheté des paquets. Et même si je ne fumais qu'en soirée et le week-end, j'estime que j'étais redevenue pleinement fumeuse.

Le plus dur ? Ca sera sûrement dans les soirées, là où tous mes amis fument ou quand on fera des terrasses entre amis. Eux, n'auront pas arrêté de fumer et c'est là où il faudra que je sois forte. Mais en ce jour, je suis prête à rompre cette dépendance qui amenuit ma santé chaque jour. Je le tente. On verra bien ce que ça donne !

Je sais que je suis soutenue par mon entourage. Je sais qu'on sera fiers de moi ensuite. Je sais que c'est pour ma santé, mon budget et ma famille. Le plus dur reste à faire...

Edit à 1 semaine après arrêt : J'ai craqué pour 3 cigarettes dans le week-end pendant qu'on festoyait. J'ai été faible parce que, comme j'ai horreur de taxer, j'ai acheté un paquet. Depuis, il dort sagement dans le tiroir dans la cuisine et je ne suis pas retournée piocher dedans. Je sens déjà que la clope en général est plus loin de moi. Attention, le chemin n'est pas fini...

*Photos Avatar de Carolina Mizrahi