On ne va pas épiloguer 107 ans ici pour parler de ce qu'il s'est passé vendredi soir. Tout le monde sait. Tout le monde.

Vendredi soir, je commençais à fêter mon anniversaire avec des copines quand on a appris l'horreur. Etrangement, je n'ai pas du tout pris la mesure de ce qu'il s'est passé. Le lendemain matin, je me suis éclipsée du lit pour ne pas le réveiller et pour aller lire les messages d'anniversaire que l'on m'avait laissé sur mon téléphone.

C'était touchant. Au delà de ça, Facebook était en deuil. Facebook pleurait. Nos contacs Parisiens nous rassuraient. Ils avaient pu se réfugier. Les appels à témoins pour rechercher des proches pleuvaient. Chacun y allait de son petit mot. La tristesse. Le désarroi. La colère. C'est bien tout ce qui m'animait aussi à ce moment là. Malgré ce jour "festif", il y a eu du sang sur mon anniversaire. Je pleurais. Les messages d'affection de mes proches n'ont rien changé.

C'est bien le pire réveil d'anniversaire que l'on puisse avoir. Le coeur lourd. L'âme poignardée.

Quand je pense à toutes ces personnes, qui n'ont rien demandé, qui sont allées se divertir et qui ont vécu le pire, qui ont aussi laissé leur vie. Quand je pense à toutes ces personnes qui avaient encore la vie devant elles et que l'on a arraché si violemment. Quand je pense à l'entourage de toutes ces personnes qui ne doivent avoir qu'un seul mot en bouche : "POURQUOI ?"

J'ai séché mes larmes et sui repartie me glisser dans le lit. De dos. Il m'a dit "Ca va ?" et j'ai resangloté. Fallait pas me poser la question. Il a cru que quelque chose de grave s'était passé. C'était le cas. OK, je suis loin de tout ça. Mais ça me concerne. Ca nous concerne. J'ai pleuré toute la matinée. Il m'a pris dans ses bras toute la matinée.

Aujourd'hui, je pense très très fort aux familles et aux amis de ceux qui ont perdu un proche dans l'horreur. Et aussi pour tout ceux qui s'en sont sortis mais qui ont vécu le drame de l'intérieur, ils en seront traumatisés à vie. Comme cette connaissance, cachée pendant 5 heures derrière une cloison du Bataclan. Une pensée aussi pour l'ami de ma soeur et l'oncle de mon amie d'enfance qui se sont retrouvés face au canon de fusil des terroristes. C'est pour toutes ces personnes que de chez lui, à chez moi, au boulot, j'allume une petite bougie en permanence. J'aime les symboles. Ca change pas la face du monde mais ça montre notre soutien, notre coeur, notre tristesse. Aujourd'hui, au boulot, nous sommes tous vêtus de noir. C'est pas grand chose mais c'est pour le symbole. J'ai RDV avec la DRH pour proposer de la faire tous ensemble cette satanée minute de silence !

Je réalise que la vie ne tient qu'à un fil. La mort aussi. J'ai besoin de dire à tout le monde à quel point je les aime, à quel point ils comptent. Et je ne m'en prive pas. Même ici, j'ai envie de vous dire que je vous aime d'amour. Vous m'apportez chaque jour du réconfort, de l'amour et du bien-être.

Samedi, j'ai eu la chance d'être très entourée et de me faire sortir de ma torpeur par mes formidables amis qui m'ont dit "Il faut célébrer la vie, Paula. Fêtons ton anniversaire" Bon bien sûr, j'ai chialé mais ça m'a fait du bien ! J'ai apprécié chaque acolade. Chaque câlin. Chaque bisou. Chaque éclat de rire. C'était étrange comme ambiance, mais c'était indispensable pour tout le monde.


J'espère bien que c'était le dernier épisode du genre que nous allons vivre. Même si J'ai encore le coeur lourd, même si je suis encore à deux doigts de chialer, je pense fort à toutes les victimes, à tous les Français et je lance une pluie de paillettes sur nos vies !

Aujourd'hui, je poste et je vous invite à le faire en commentaire ce coeur pour tous ceux qui ont souffert de près comme de loin ce vendredi 13 novembre :