Est-ce qu’on peut laisser partir un frère/une tante/une cousine/un papa/un pote se décline à l’infini à cause d’une saloperie qui prend ses aises dans le corps ?

Si seulement, on pouvait se contenter de dire « Non » pour que ça n’arrive pas…

Si seulement…

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C’est déjà assez dur de dire au revoir aux vieilles personnes qui partent naturellement sous le prétexte « c’est l’ordre des choses ». Alors se faire arracher les autres, ceux qui restent, ça fout sérieusement les boules !

Il y a ceux qui luttent des années contre la saloperie. Qui guérissent. Qui rechutent. Qui luttent encore. S’il y en a qui s’en sortent, il y a aussi tous ceux que la maladie a grignoté jusqu’à la dernière miette.

Alors on dit qu’avec ce genre de maladie, on peut se préparer à l’éventualité. Mais franchement, entre toi et moi, tu t’y prépares, toi ? Tu as envie de te dire que ton frère/ta tante/ta cousine/ton papa/ton pote… va clamser ? Je ne crois pas, non. Tu y crois. Tu nies l’éventualité. C’est IMPOSSIBLE : c’est ton frère/ta tante/ta cousine/ton papa/ton pote… Il ne peut pas mourir.

Et pourtant, on est si impuissant… On ne peut rien faire pour soulager le mal, pour enlever la saloperie  nous même. Il paraît qu’il faut profiter.

Moi je ne sais pas profiter. Moi je préfère pleurer. Seule. Chez moi. Pour pas montrer. Parce que je voudrais absorber la douleur. Je voudrais leur rendre leur vitalité. Mais je ne peux pas.

Actuellement, une personne de mon entourage proche est en train de se faire grignoter par la saloperie à vitesse grand V. Pour la 3ème fois. Pareil, je suis impuissante et je ne profite pas. Parce que je n’y crois pas. Mais je vois qu’elle a perdu sa combativité des premières fois. Alors, je me sors les doigts du luc et je m’extirpe de ma zone de confort. Je sèche mes larmes. C’est pas moi qui devrait pleurer. La seule chose que je puisse faire pour elle, c’est de prendre sa main. Etre là. Pour elle, pour le reste de la famille, pour ceux qui ne relèveront pas la tête. Et quand je me retrouve seule, j’ai ce besoin de me sentir vivante, de dédramatiser sur le reste, de courir, de serrer les gens dans mes bras c’est parfois incongru dans certaines situations. Cette année, Noël a un goût amer.

Alors on est peut-être impuissant face à notre frère/notre tante/notre cousine/notre papa/notre pote… Mais on peut aider la ligue contre le cancer à avancer. En faisant un don. En devenant bénévole : donner un peu de son temps pour cette cause. En soutenant.

Aujourd’hui, je mets une étoile à tous les gens que je connais et ceux que tu connais aussi qui nous ont été arrachés par la saloperie ou qui se battent contre : ★

Et demain je vais me faire tâter les miches.

Et la prochaine course que je ferai, j'aurais cette étoile dans le dos.

C'est peut-être pas grand chose comme ça mais c'est une façon pour moi de ne pas rester plantée là.

*Un photographe retrace le combat de sa femme contre le cancer. Pour voir l'article, cliquez ici