Alix Martinez 3

SOS coups de gueule, booonnnnjjjooouuuurrrrr ! 

Aujourd’hui, j’ai envie de râler sur la populasse. Il y a un sujet qui me tient à cœur. 

L’autre soir, je me suis encore une fois retrouvé dans un cas de conscience à propos de l’alcool. Une copine m’appelle en pleine nuit alors que nous nous sommes quittées 1 heure plus tôt à la sortie d’un bar. Son plan pour pieuter dans le coin a foiré. Du coup, elle se retrouve seule, un peu ivre dans les rues à 3h du mat. 

Comme je sais qu’elle est à 10 minutes à pieds de chez moi, je l’invite à se diriger par ici pour dormir, sachant qu’elle aurait déjà une place toute chaude à côté de notre autre pote qui ne pouvait même pas espérer rentrer en voiture dans son état. 

J’attends donc qu’elle arrive. J’attends. Alors que, dans le salon, et pendant que je regarde dans la rue si elle arrive, mon autre copine ronfle déjà de tout son long. 15 minutes plus tard, elle n’arrive toujours pas. J’essaye de l’appeler en vain.  Elle m’appelle enfin vers 3h30 pour me signifier que, je cite, « c’est bon, je suis dans ma voiture, je vais prendre la route.» 

Et là, c’est parti tout seul à coup « Mais tu es complètement inconsciente ma pauvre fille ! », « tu pourrais te tuer » et de « imagine, s’il y a les flics ! »… Elle a eu beau me dire qu’elle avait désaoulé en marchant jusqu’à sa voiture et qu’elle n’était plus ivre, ma colère n’est pas redescendue. Elle m’a tenu le crachoir pendant 20 minutes pour m’assurer que tout irait bien… Elle est indécrottable : je sais qu'elle n'aurait pas changer d’avis. 

Concrètement, je l’ai vu picoler et festoyer toute la soirée, croyez-moi, ce n’est pas en marchant 10 minutes qu’elle aurait était sous la limite autorisée. Alors elle se sentait peut-être munie de tous ses réflexes mais pas selon les dires de la police, j’en mets ma main à couper. 

En parlant de police, et si elle l’avait croisée sur la route, et s’il lui avait fait souffler dans le ballon et s’il lui avait retiré son permis ? Elle aurait fait quoi ? Elle aurait dit quoi devant le juge ? Elle aurait fait comment pour aller travailler tous les jours ensuite ? En trottinette ? 

Parce que oui, elle rentre souvent comme ça, du coup, elle croit que la police, ça n’arrive qu’aux autres et que la police n’est jamais sur sa route. Attends de voir si ça arrive un jour !

Et si, PIRE, elle avait eu un accident, si elle s’était blessée, si elle avait fini comme un légume et si elle était morte, tout simplement ? Vous voulez que je vous en présente des jojos qui ont joué avec le feu sur la route, qui ont eu les mêmes excuses que ma pote et qui sont bons à faire les jojos avec leurs fauteuils aujourd’hui ? Encore faudrait-il qu’ils arrivent encore à faire les jojos… Et si c’était arrivé, qui aurait culpabilisé de ne pas avoir dit « non » assez fermement, de ne pas être descendue dans la rue en pyjama pour l’empêcher de reprendre la route, de ne pas avoir voulu la froisser une fois de plus ? C’est bibi. Pendant le temps de son trajet, je ne dormais pas, j’avais peur pour elle, j’étais en colère. Pourquoi elle m’impliquait dans cette histoire ? Elle me le reprocherait s’il lui arrivait quelque chose ! 

Mais pour moi le pire, ce ne sont pas les flics ou ce qu’elle pourrait se faire à elle mais bien ce qu’elle pourrait faire aux autres. Et si, démunie de ses réflexes, elle avait un accident qui impliquait un autre véhicule ou des piétons ? Vous imaginez ces pauvres gens qui n’ont rien demandé à personne, qui ont sûrement refusé le troisième verre parce que, justement, ils conduisaient et qui finiraient leur soirée en fauteuil ou en boîte. Pas de nuit. Je parle du cercueil. Parce que vous avez souvent tendance à oublier que si la route, on n’est pas seul. Il y a les autres aussi. L’égoïsme, c’est donc pas possible ! 

Alors aujourd’hui, je parle de ma pote mais c’est tout le monde. Ca me débecte de voir à quel point les gens ne se sentent pas concernées par la chose. La fameuse théorie du « ça n’arrive qu’aux autres ». Et toutes les semaines, je suis confrontée à ce genre de cas avec des potes, des connaissances… Comme si, ils n’avaient pas conscience du danger. Le pire dans tout ça, c’est qu’on se sent responsable pour ses amis : parce qu’on ne veut pas être celui qui a l’a laissé repartir, qui ne lui a pas caché ses clés, qui lui a fait confiance… Alors que dans le fond, c’est juste votre ami qui agit de façon stupide. 

Vous savez que 30,9% des tués de la route étaient des personnes alcoolisées. Ca fait réfléchir, non ? 

2 verres, merde ! Quoi, tu ne sais pas t’amuser sans boire d’alcool ? Ca va te coûter quoi de faire attention ? J’espère bien que personne dans mon entourage finira par se dire « Purée ! Quel gâchis pour un verre de vin ! » 

Parce que, c’est bien simple : « Celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ! ». 

Personnellement, je n’ai jamais dépassé la limite autorisée des 2 verres, à reprendre la route et à me dire « c’est booonnnn, ça va allerrrrr ! ». Et si jamais je sens que je ne vais pas m’arrêter soit je ne m’arrête pas et je dors sur place soit, je ne bois pas du tout. Du soft. C’est sympa aussi, vous savez. 

Vous voyez, pour moi, c’est un peu comme la vitesse et les radars. L’excuse « Tout ça, pour se faire de l’argent sur notre dos » est exaspérante. Ca ne vous est jamais venu à l’esprit que la vitesse pouvait être dangereuse ? Qu’elle pouvait faire des morts ? 

Je vis dans la crainte qu’un jour on m’appelle pour me dire que machin est à l’hôpital suite à un accident de voiture. Je vis dans la peur qu’un jour je ne puisse appeler personne pour dire que je suis dans la boîte à cause d’un chauffard alcoolisé. 

Enfin voilà, je suis remontée. Ca m’énerve.

Pluie de paillettes quand même et à bientôt pour un billet plus joyeux ! 

Ai-je besoin de te rappeler la fin de ce film ?

Sinon, à la fin de l'année 2013, on a pu voir pas mal de spots sur le sujet. J'ai trouvé ça pas mal. Ca n'aura pas résolu tout le problème mais cela a peut-être fait réfléchir certains et soulevé le débat dans des groupes d'amis... Le premier est à l'initiative de la Sécurité routière, le second est un court métrage réalisé par Guillaume Canet en collaboration avec Patrick Chesnais, comédien et fondateur de l'association Ferdinand qui vise à la sensibilisation du public sur ce sujet.

 

 

 Et toi, tu bois quand tu conduis ?

*Photo Alix Martinez