Bon, faut qu’on parle sérieusement you and me. 

Il y a comme un poil de cul dans le potage, si tu vois ce que je veux dire. 

J’ai un smart phone.
Un smart phone qui fait « tac » quand je reçois un SMS,
« tac-tac » quand c’est un email, 
« Ding » quand ça vient de ma seconde boîte mail, 
« tac + vibreur » quand ça vient d’une notification Facebook, 
« tchhhh » quand il y a un nouvel article sur l’appli Public (no comment)… 

A cela s’ajoutent les nombreux petits logos des notifications qui viennent pourrir ma barre là-haut et ensuite, je dois passer une heure (j’ai du sang légèrement marseillais dans les veines) à effacer chaque notification une à une. Ma vie est un calvaire, comprends-le.

En plus de ces incommodités, il y a un truc qui m’énerve par-dessus tout : 

« Josiane t’invite à jouer à Candy crush Saga » 

Sélection AFP 2013 2

Rassemblement de joueurs de Candy Crush à Aqualand

Bon, c’est bien gentil Josiane mais, vois-tu, je ne jouais pas Candy Crush en 2012, je ne jouais pas à Candy Crush en 2013 et je ne jouerai toujours pas à Candy Crush 2014. OK ? 

Candy Crush, c’est ce jeu où tu dois faire des lignes de bonbons pour gagner un maximum de points. Ce jeu tout con (si, faut être honnête) rassemble chaque jour des millions de joueurs de 7 à 77 ans. Il suffit de regarder les gens dans le métro : TOUT LE MONDE joue à Candy Crush. On ne lit plus de littérature érotique dans le métro (quelqu’un a t’il déjà fait ça ?), on ne lit plus l’horoscope du 20 minutes (oui, moi), on ne regarde plus son voisin en se demandant ce qu’il fait dans la vie… Ce jeu a semble t’il révolutionné les temps morts. Dès qu’on est dans le « rien » (bus, métro, salle d’attente, file pour la caisse, boulot…), on sort son smart phone pour jouer à ce petit jeu. 

Je suis sûre que cela partait d’un bon sentiment, Josiane (quoique… ne serait-ce pas pour que je te débloque des vies ? Coquinette !) mais je tiens à te rassurer : je connais ce jeu. Non parce que quand je t’ai demandé d’arrêter, tu m’as répondu « Au cas où tu ne connaîtrais pas… ». Je tiens à te le préciser : je connais parce que vous êtes 15 milliars (marseillaise again) à me demander à raison de 3 fois par jour de venir jouer au jeu des bonbons pour vous permettre de reprendre plus vite votre partie. C’est bien étudié quand même le truc ! 

Je ne peux pas vous jeter à la pierre à toi, Luc, Jean, David, Mimolette et les autres parce que je vais te livrer un petit secret : sur mon smart phone, j’ai un jeu quasi similaire (c’est avec des petits bijoux). Je connais le caractère addictif de ce jeu. Quand tu commences une partie, tu en fais une autre, puis une autre et hop tu ne t’arrêtes plus et quand tu relèves la tête il est 3 heures du matin. 

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D’ailleurs, l’addiction à ce jeu est tout à fait normale : il paraît qu’il libère l’hormone de la dopamine censée procurer plaisir et satisfaction à la victoire. Ce petit jeu permet également d’entraîner son activité cérébrale et lui procurer plus de rapidité.

Ce n’est pas le fait de jouer que j’incrimine mais plutôt la spirale d’envoyer moult invitations à des contacts pour les faire jouer. Ca m’agace au plus haut point, vois tu. 

Maintenant que mon message est passé, je souhaiterais juste te donner quelques chiffres hallucinants à propos de ce jeu. 

50 millions de personnes jouent à Candy Crush. D’ailleurs, chaque jour, c’est ½ milliard de parties qui sont jouées. Attends, je te laisse t’asseoir 5 minutes, je vois bien que tu as la tête qui tourne. Le meilleur reste à venir. Le créateur de ce jeu remporterait 480 000 euros. Par jour. Soit 14 400 000 euros par mois. Tant d’argent c’est indécent ! Qu’est qu’on en fait ? 

Et toi, tu en es où avec Candy Crush ?

*Photo sélection AFP 2013