-Attention, ce billet est à haute teneur en glamour. Il peut heurter la sensibilité des plus fragiles-

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Lieu hautement stratégique de l’entreprise, les toilettes, idéales pour toutes commodités, voient passer leur lot de fesses, de nez à repoudrer, de tampons à changer, de micro siestes, de sanglots et même parfois de salariés en mal d’amour venus se faire déglinguer contre la porte des toilettes. Mais là n’est pas le sujet. Trop vulgaire pour mon éthique.
 
J’ai toujours eu du mal avec les toilettes de la boîte, quelle que fut la boîte. C’est vrai, l’affaire qui motive la venue en ces lieux est souvent d’ordre intime. Les toilettes de la boîte supposent donc de partager cette intimité, cette presque proximité avec ceux avec qui nous sommes censés ne partager que la crédibilité.
 
Ainsi, il est toujours délicat de se retrouver dans cet endroit à plusieurs en même temps car, tout le monde le sait, personne ne l’ignore, il n’est pas encore né celui qui inventera les toilettes totalement insonorisées.
 
C’est d’ailleurs le premier dilemme quand on entre dans les toilettes de la boîte : choisir la bonne cabine. Et ça commence par une inspection hygiénique de chacune d’entre elles, comprenez, choisir les commodités qui vous semblent les plus propres. Ensuite, l’étude des verrous. Comprenez, repérer les cabines verrouillées par le code couleur rouge sous la poignée. On en déduira qu’on ne se mettra pas dans la cabine juste à côté de la cabine en cours d’utilisation. Surtout si cette cabine est utilisée par un rapport hiérarchique supérieur à vous.

Exemple : chef, directeur de service, PDG…

Non, on ne veut pas entretenir ce genre de rapports avec la DRH. On n’a clairement pas besoin de l’entendre uriner ou… pire…. Ouais, tenons-en nous là.
 
Mais il y a quand même une chose que vous ne pouvez pas maîtriser en choisissant votre cabine : c’est la fille de la compta qui arrive après vous et qui, elle, s’en trifouille le coquillard de savoir s’il y a quelqu’un à côté ou pas. Au diable vos rituels ! D’ailleurs, c’est comme si c’était fait exprès, la fille de la compta se fout systématiquement dans la cabine qui jouxte la vôtre. Bien sûr, vous, ça vous bloque sévère, vous cessez alors illico votre commission, quelle qu’en soit sa nature. C’est comme si, la fille de la compta montait sur la cuvette, s’agrippait au haut de la cabine, vous regardait par au dessus et vous disait :


« Ah tu fais caca ? Scuse moi, j’avais pas vu, tu n’aurais pas un tampon, steupl ? J’ai oublié les miens dans mon tiroir »


Elle est ‘achement décomplexée la fille de la compta !
 
Une fois dans votre cabine, il faudra vérifier l’hygiène. La cuvette et le fond de la cuvette aussi. Oui, dans la boîte, il y a toujours une grosse dégueulasse qui ne tire pas la chasse. Non mais STP, quoi ! What is the concept ? C’est pas comme si c’était le geste le plus fatigant du monde, quand même ! Il suffit juste d’appuyer sur le bouton et HOP, ça disparaît !
 
Je me demande souvent s’il existe un message revendicateur au fait de ne pas tirer la chasse d’eau… Parce que vraiment, c’est quelque chose que je ne COMPRENDS PAS. Alors bon, quand c’est un pissou, passons, mais quand c’est autre chose : CIMER les détails. J’ai déjà pas besoin d’entendre mes collègues libérer la pression de leur vessie ou de leurs intestins mais de voir ce qui en sort… ENCORE MOINS !
 
Ca me rappelle toujours la tête déconfite de ma pote qui avait pendu sa crémaillère et qui avait retrouvé une crotte par terre dans ses toilettes le lendemain. COMMENT-EST-CE-POSSIBLE ? Je vous passe les détails sur le fait qu’elle avait enfilé des gants de vaisselle pour chasser l’intrus.
 
Bref, une fois dans la cabine, si grosse commission il y a (nous sommes toutes d’accord que nous évitons TANT BIEN QUE MAL de se laisser aller à ce genre de pratique quitte à serrer les fesses 12 heures durant en attendant d’être sur notre trône personnel mais il existe des urgences face auxquelles on peut difficilement lutter comme quand c’est flageolets à la cantoche !), vous vous laissez toujours aller à la technique la plus connue du monde pour que la fille de la compta ne puisse reconnaître la nature de votre commission par le bruitage : j’ai nommé… la technique du PQ. Celle-ci consiste tout d’abord à déposer un étalage de papier toilette sur la cuvette. Et comme je vous comprends ! Il ne s’agirait pas de poser vos fesses là où Martine a posé les siennes 5 minutes auparavant. Aussi propre soit Martine. La technique du PQ ne s’arrête pas là puisqu’on en dépose aussi dans le fond de la cuvette pour amortir le bruit du sous-marin dans l’eau, si vous voyez ce que je veux dire… Vous voyez, hein ?
 
Mission accomplie ! Vous guettez désormais le bruit à la sortie de la cabine pour éviter de tomber nez à nez avec la fille de la compta complètement décomplexée par rapport à ça, ce qui a pour effet sur vous d’augmenter votre malaise sur la question. Ainsi, vous ne pourrez vous empêcher d’esquisser un sourire gêné tout en vous lavant les mains. La fille de la compta répondra à son tour par un sourire tout à fait naturel pendant qu’elle se sèchera les mains. Vous la fusillerez du regard comme pour lui dire :

« Oh ça va, c’est naturel ! »

Elle continuera de sourire comme pour vous dire :

« Ca va tellement faire rire les collègues à la machine à café, cette histoire ! »

Et puis quand bien même il n’y a pas de bruit, on prend le risque de sortir, mal à l’aise pour l’odeur qu’on laisse flotter dans la cabine et on croise une collègue, en traître, elle est arrivée en catimini et on essaye faire dévier son chemin :

« Rhooo, je ne te conseille pas ce WC.  Je ne sais pas qui est passé là avant moi MAIS CA PUE… CAAA PUUUUE !
Je me demande bien ce qu’il a pu manger mais ça ne devait pas être de la pêche de ce matin ! »

Généralement, c’est assez efficace. Ou alors la meuf est maso.
Même si la meuf n’est pas con : elle sait TRES BIEN que la soit disant personne qui n’a pas laissé sentir la rose, c’est vous ! Les toilettes, c’est un espace de faux-semblants, vous voyez…
 
Bref. Il y a aussi un autre truc qui me retient quand je vais aux toilettes de la boîte : passer après quelqu’un dans une cabine et sentir son parfum encore embaumer la pièce. C’est déjà arrivé plusieurs fois avec la collègue Mumu. Mumu, elle sent le miel : je ne sais pas si c’est son parfum, son gel douche ou… JE NE VEUX PAS SAVOIR, COMPRIS ? Et bien, c’est plus fort que moi, quand ça sent le miel dans la cabine, je ne peux pas m’empêcher de croire que Mumu est restée cachée dans la pièce, dans le dérouleur à PQ, qui sait, et qu’elle peut surgir à tout moment. Plutôt me faire percer la vessie avec une aiguille que de rester dans la cabine !
 
D’ailleurs, odeur ou pas, je me sens toujours observée quand je vais aux toilettes de la boîte. Pas vous ? Toujours l’impression de la présence d’une micro caméra avec un gros dégueulasse derrière qui se rincerai bien l’œil. Pas folle la larve, je vais toujours attention de me rhabiller de sorte qu’il en voit le moins possible !
 
Autre aventure connue dans les toilettes de la boîte : le mot sur la porte.

« Ce WC est complètement bouché, merci de prévenir l’agent d’entretien ».

-Déjà, j’instaure dès à présent une minute de silence pour l’agent d’entretien en question-


Ensuite, en voyant ce mot, qui n’a jamais essayé d’imaginer la dernière personne qu’il a vu sortir de la fameuse cabine bouchée pour mettre un nom sur un crime ? Hein ?
 
A ce moment précis de l’article, j’éviterai donc de mentionner… qu’il m’est déjà arrivée…. …. … une fois… … … d’être le criminel de l’affaire, assignée par une gastro surprise. Salut, c’est moi ! Et bien, je suis ressortie, le ventre gargouillant, le plus naturel possible ce qui, en y repensant, ne devait pas être vraiment naturel et croyez-moi, je n’ai pas prévenu l’agent d’entretien. Non, je ne le mentionnerai pas.
 
Bref, il s’en passe des choses dans les toilettes de la boîte. Assez pour en faire un article qui semble surréaliste. Une chose est sûre, moins j’y vais, mieux je me porte !

 

Et toi, c'est comment les toilettes de la boîte chez toi ?