paysage


Lundi soir, je suis allée voir un film magnifique en avant-première. Malheureusement, la salle presque vide ne témoignait pas de la grandeur de ce documentaire. Faut dire que dès qu’il n’y pas des gars baraqués qui se témoignent leur affection à coup de mitraillettes, de filles sexy en maillot de bain ou d’humoriste français à l’affiche d’un film où la bande annonce suffit pour pouvoir dire « J’ai vu ce film », le succès d’une œuvre est toute relative.

D’ailleurs, j’aurais été curieuse d’aller jeter un œil dans la salle voisine où avait lieu l’avant-première d’une comédie. Juste pour voir la population. Bref. Soit. Ne nous lançons pas dans de grands débats. 

Le film en question s’appelle Sur le chemin de l’école : il sort aujourd’hui et est réalisé par Pascal Plisson. On y fait la connaissance de quatre enfants qui vont à l’école. Basique, me direz-vous. Sauf que les quatre enfants sont aux quatre coins du monde dans des endroits très reculés, mettant plus d’une heure, parfois quatre, pour pouvoir daigner s’asseoir sur les bancs de la classe parfois au péril de leur vie.  

Ils ne se connaissent pas mais ont la même soif d’apprendre. Ils ont compris les enjeux de l’éducation. Ils ont compris que pour espérer s’en sortir, ils devaient étudier. Ces bouts de choux nous surprennent par une détermination à toute épreuve, un courage extrême et un sourire sans relâche. Oui, parce que ces enfants ne se plaignent jamais ! 

Ce film m’a beaucoup touché. Déjà par l’aspect grandiose des paysages que l’on aperçoit. C’est à couper le souffle. Que ce soit dans les montagnes marocaines, dans la savane au Kenya ou encore au sud du Bengale, c’est un vrai voyage qui vous transporte aux quatre coins du monde et qui ne dure qu’une heure et demie. 

Ensuite, j’ai vraiment trouvé ces enfants attachants et faisant preuve d’une force incroyable. C’en est presque troublant. Et si vous aviez vu leur beauté ! Ils ont tous ce petit quelque chose sur leur visage. Ce sourire rayonnant, ces yeux pétillants…  

Et puis, faut le dire : après mon projet humanitaire du mois de mai où le cœur de la mission était l’école, je ne pouvais me sentir que concernée par ce film. Ca m’a beaucoup parlé ! J’ai eu un petit pincement au cœur : je revoyais mes petits bouts Malgaches qui parcouraient parfois 10 bornes à pied, dans la brousse, sans chaussures, sans eau pour venir voir l’avancement de l’école. Je me disais que quand elle serait terminée, ils feraient ça matin et soir. Je voyais qu’ils ne se posaient même pas la question de la distance, de la souffrance ou autre : ils étaient juste conscients de leur chance. C’est beau. Ca nous met une claque à tous. Ca donne à réfléchir. Et parfois, ça ne fait pas de mal. 

jackson


Je vous présente donc Jackson et sa petite soeur. Ils habitent au Kenya et doivent parcourir matin et soir 15 kilomètres à travers la savane pour aller à l’école. Chaque jour, leur père prie pour qu’il ne leur arrive rien. Car la route n’est pas sans risque
 : ils doivent faire attention aux animaux sauvages. Les girafes, les éléphants aussi. Ces derniers sont particulièrement dangereux et pourraient les tuer. Jackson protège beaucoup sa petite sœur même s’il lui impose une cadence soutenue. Il ne faudrait pas être en retard : aujourd’hui, c’est lui qui doit monter le drapeau. C’est attendrissant de voir l’amour qu’il a entre ces deux gamins. 


 


 

zahira



Zahira
vit dans un village reculé dans les montagnes marocaines. Tous les lundis, elle fait 4 heures de marche pour rejoindre son internat dans la ville. Elle rejoint deux de ses copines dans la montagne. Ensemble, elles bravent les maux de pieds, les chemins peu praticables, le stop, le troc… On sent la détermination de Zahira à vouloir devenir médecin. On apprend à la fin qu’elle parcourt le week-end les villages reculés des montagnes pour convaincre les habitants d’envoyer leurs filles à l’école.
 

 

 


micaela carlos

Samuel et Micaela  vivent dans les plaines de Patagonie. Chaque jour, ils traversent plus de 18 kilomètres à cheval, traversant rivières, descentes rocailleuses et déserts pour aller s’instruire. Leur complicité est touchante. Les arrêts sont fréquents : prière, attente des copains… Mais ils sont heureux. Ca se sent. En témoigne le rire de la petite fille, portée par les secousses du cheval lorsque son frère l’autorise à prendre les rênes du cheval. 

 

 


 

samuel

Enfin, voici Samuel, un petit Indien plein de vie qui ne peut pas se déplacer sur ses jambes. C’est donc dans son fauteuil roulant rafistolé qu’il doit parcourir les 4 kilomètres qui le séparent de l’école. Ce sont ses deux petits frères qui le poussent tout le long, affrontant les pièges de la nature. Pousser un fauteuil sur 4 kilomètres en France c’est déjà une épreuve mais le faire en Inde, sur un fauteuil en très mauvais état est une autre paire de manches. Pourtant, pendant tout le trajet, les 3 frères ne perdent pas leur bonne humeur, ils s’inventent des histoires et rigolent de bon cœur. La tendresse qu’ils ont pour chacun d’eux est hallucinante. 

 

 

Alors voilà, allez donc prendre une bouffée d’humanité, une leçon de vie et de courage. Et pour ne rien gâcher, une bande son magnifique ! Un documentaire pour ouvrir les yeux de nos bambins qui rechignent chaque jour à traverser la route pour aller en classe. Un documentaire pour leurs parents pour pouvoir expliquer comment c’est dans le monde, exprimer la chance que l’on a. Un documentaire pour tous les autres pour voyager, s’émouvoir, prendre conscience. 

Allez-y. Vraiment.