Tim Flach3

 

Ce soir, on a fêté l’anniversaire d’une copine. Un quart de siècle. Pour l’occasion, elle avait mis sa jolie robe noire et nous nous sommes tous rejoints dans un bar pour trinquer à sa santé. On était au moins vingt. Je retrouvais alors certaines personnes pas vues depuis longtemps (comprenez au moins depuis le mois de juillet) à cause des vacances. 

On a pris des nouvelles des uns, puis on a papoté avec celui qui venait de changer de boulot à la lueur des spots tamisés du bar, on a suivi ceux qui sont allés fumer à l’extérieur notre verre à la main, une amie est arrivée : elle n’avait pas encore dit bonjour qu’elle avait déjà une bière dans la main. C’est le code pour entrer dans la discussion. On a ri à gorge déployée pour des trucs qui ne méritaient pas forcément d’en faire autant. Mais on était bien là, ensemble, alors on a ri, tout simplement. 

Autre contexte. La veille. Un cours de sport. On a retrouvé les copines, on avait plein de choses à se raconter mais fallait choisir parce que le cours allait bientôt commencer. C’est quand même dingue de réussir à enrichir sa vie sociale alors que tu n’es pas au top de la sexitude : un jogging dégueulasse, des cheveux trempés par la transpi, des mouvements pas toujours maîtrisés… Une des filles m'a glissé entre deux chansons qu’on se retrouverait toutes dans un bar après le cours pour débriefer chacune de nos étés. 

Autour de cette toute petite table et toute transpirantes, on a raconté chacune nos plus beaux souvenirs. La bière nous enivrait. Il y en a une qui racontait ses exploits en planche à voile, une autre le jour où elle a vomi. On a ri (encore) à gorge déployée. Je connaissais bien le patron, faut dire, le bar est en bas de chez moi. On a parlé cinq minutes avec lui, il nous a offert le saucisson. Et puis, il y a celles qui avaient de la route et qui nous ont laissé pour retrouver les leurs. Moi je suis restée jusqu’au bout, je ne voulais pas perdre une miette de ce moment de bonheur. Qu'importe les remarques sur la bière et le ciflard après le sport... On était bien, on était ensemble.

Autre contexte. J'allais au boulot. Je riais à gorge déployée (non, je rigole !). J'étais toute excitée parce que le midi, je déjeunais avec mes meilleurs coéquipiers de mission humanitaire. Je ne tenais pas en place sur ma chaise. Midi. J’avais déjà mon manteau sur le dos, je filais à l’autre bout de la ville juste pour les voir. On n’a pas les mêmes âges, on n’a pas pris les mêmes chemins, on n’a pas les mêmes situations et pourtant, on est potes ! 

On déjeune une pizza, une salade ou parfois juste un sandwich. On fait ça une fois par mois. On a trouvé notre rythme de croisière. On a débriefé sur les coéquipiers qu’on a vus, ce qu’on n’a pas trop envie de revoir (oui, il y en a), on a parlé de nos projets, de nos marmots (et là, je suis plus dans l’écoute qu’autre chose), de nos vacances. Et surtout, on se souvient ensemble. Il y a toujours un moment, un court moment, à peine trois secondes, où dans nos têtes on se dit qu’on est bien là, qu’on repartirait bien juste tous les quatre et qu’on verserait bien une petite larme. Et on se reprend. Parce que c’est trop la honte. Les au revoirs sont toujours un déchirement, j’ai le cœur serré sur la route du boulot. En même temps, je sais que je les reverrai…

 Merci les amis !

*Photo Tim Flach