Tchô les nichons !

Avant de partir on holidays (I miss you… so muuuuchhhh…. Holidays !!!), j’ai voulu faire ce que beaucoup de filles font régulièrement et que je considérais jusqu’à présent comme un acte de barbarie : se faire épiler le maillot chez l’esthéticienne.

On va dire que je ne suis pas de nature hyper poilue et que je me suis toujours débrouillée avec les moyens du bord pour éviter des instants de torture sans anesthésie générale.

Bwef. Cette année, j’ai décidé que le temps du rasoir et autres techniques relou était fini et qu’il fallait que femme je devienne.

Armée de mon plus grand courage, je me décidai à… aller chez l’esthéticienne. Mais pas n’importe laquelle !

Non, parce que je ne suis pas folle. J’avais entendu et lu des trucs horribles sur l’épilation du maillot. La douleur insoutenable, les larmes qui coulaient, des filles qui avaient envie de partir en courant cul nu avec les bandes de cires posées, des brûlures, des zones mal faites…

Bwef. Je savais que je n’irai pas dans les chaînes type Body Minute ou Yves Rocher, connaissant des nanas qui y avaient travaillé et qui m’avaient raconté comment ça se passait… Je tapais dans le moteur de recherche « esthéticienne maillot de Maville» pour voir un peu quels salons étaient conseillés sur les forums et tout.

J’ai sérieusement fait une recherche de 1h34 pour trouver LE salon dans lequel j’allais prendre rendez-vous. Quand mon collègue est sorti du bureau (oui, j’ai fait ça au bureau), je me suis dit qu’il fallait que je me lance. J’ai inspiré et expiré très fort trois fois avant de prendre le combiné et de composer le numéro.

Faites que ça ne décroche pas, faites que ça ne décroche pas…

« Toutes à poils, Caroline, bonjour ! (l’intonation typique des commerçants que je ne supporte pas)

-…

- Oui, allô bonjour ! Il y a quelqu’un ?

- Oui, bonjour Madame, je voudrais prendre un rendez-vous, s’il vous plaît.

- Je vous entends très mal madame.

- JE VOUDRAIS PRENDRE UN RENDEZ-VOUS, s’il vous plaît.

- Humm, d’accord. C’est pour faire quoi ?

- Une épilation.

- Pardon ? Je ne vous entends pas.

- Une épilation.

- Quel endroit ?

- (regard furtif vers la porte du bureau) Le maillot.

- Le maillot ?

- OUI, C’EST CA ! (purée, elle a Guetta dans son salon ou quoi ?)

- Simple, échancré, très échancré, brésilien, intégral ?

- (On va peut-être y aller mollo pour la première fois). Echancré, s’il vous plaît. »

Voilà, rendez-vous était pris pour la semaine suivante. J’avais bien de quoi cogiter jusque là. Je commençais déjà à chercher des excuses pour sécher le moment fatidique.

Mon poney est malade, Madame….

Et puis, les copines n’arrangeaient rien : tu vas douiller, tu ne sauras plus marcher, tu ne pourras pas aller au travail le lendemain, mais tu es FOLLE ?!?...

Le jour J, j’ai passé une journée atroce au boulot. Dans ma tête, je faisais un décompte des heures avant de passer sur le bûcher.  Pour une fois, j’aurais bien fait quelques heures sup’ si cela pouvait m’éviter d’y aller. J’ai toujours le don de m’embarquer dans des trucs ! Tu ne pouvais pas te le faire toi même comme d’habitude ? Bon sang !

L’heure du rendez-vous approchait, l’angoisse montait, les SMS d’encouragements de mes copines arrivaient en masse, j’avais l’impression que j’allais passer mon bac, tellement j’étais stressée. Je décidai d’y aller en voiture au cas où, la douleur serait vraiment intolérable pour rentrer à pied.

La fameuse Caroline de Toutes à poils me disait de m’installer dans une cabine, d’enfiler le string jetable et de m’allonger. Chose faite.

Caroline entrait, s’installait, enfilait ses gants de façon sadique en les faisant claquer appliquait les bandes de cire et…

« Nooooon ! Attendez, suis pas tout à fait prête !

- Courage ! Faut pas se poser de question !

- J’ai le droit de pleurer ?

- Euh… Si vous voulez mais ça ne vous fera pas moins mal, hein ! »

Et là, elle retira d’un coup sec la première bande. Je hurlais à travers le salon. Les larmes coulaient toutes seules.

« Bon bah merci ! Au revoir ! Je vais y aller, moi !

- Rallongez-vous, on n’a pas fini.

- Nan, mais juste un côté, c’est sympa aussi et puis, regardez, de l’autre je ne suis pas très poilue, ça ne vaut pas le coup pour si peu… »

Son regard m’ordonnait de remonter sur la table. Je m’exécutais pleurant déjà à l’avance du supplice que j’allais subir.

La dame continuait à me torturer, bande après bande, poils après poils.

Quand elle eut fini, je me sentis vidée et épuisée. Au moins, c’était terminé, j’allais pouvoir rentrer chez moi et ne plus y penser. Sauf qu’en posant le pied par terre, je réalisais à quel point c’était douloureux et qu’elle avait fait ça comme une barbare. Le soir venu, je découvrais que, non seulement, la zone n’avait pas été bien nettoyée et qu’il restait de la cire (cimer pour enlever la culotte) et qu’en plus, elle y était allée comme une barbare et m’avait fait saigner à plusieurs endroits.

J’étais vraiment dépitée. Le lendemain, éprise encore d’une douleur et d’une « dégoûtée attitude », je décidai de ne pas aller travailler, de rester cloîtrer chez moi et de ne plus jamais voir personne. Mes copines avaient raison. Les vacances allaient bien commencer, dis donc…

TOUT CELA, C’EST CE QUE J’AURAIS PU ECRIRE
SI CELA S’ETAIT PASSE COMME DANS MES PIRES ESPERANCES.

En fait, tout s’est plutôt bien passé. La gentille dame a commencé à discuter avec moi pour me détendre. Elle a posé les petites bandes, les a enlevé et ça a fait à peine mal. Je ne te cache pas que ce n’est pas LE MOMENT le plus agréable au monde mais je préfère ça à la gynéco, je crois. Je ne te cache pas non plus qu’il y a des zones qui sont un peu plus sensibles (je ne te dis pas lesquelles, je crois que tu sais) mais on est bien loin des atrocités que j’avais en tête, crois-moi !

Allongée sur la table, string en papier enfilé (on en parle ou pas ?), jambes écartées, je me disais même « je crois que je reviendrai ! ».

En plus, elle a fait ça bien. C’était propre, tout comme je voulais, sans douleur, pas très cher, rapide…

La vérité était donc beaucoup moins drôle pour en faire un billet mais si ça peut encourager certaines qui n’oseraient pas y aller, ça vaut le coup de vous le dire : même pô mal !