Nagano Toyokazu

Parfois, les grands mentent aux petits pour les protéger ou pour garder leur part d’innocence. Mais les grands ne se rendent pas toujours compte de ce que peut causer un petit tout petit mensonge…

Ma mère, elle me disait toujours que les manèges dans le centre commercial, ils ne venaient que pendant les vacances scolaires. FAUX. Je l’ai constaté en grandissant : ils sont là en permanence. Comment elle rusait pour pas que je les vois !

Ma mère, elle me disait qu’il y avait des boutiques où on était obligé d’acheter si on rentrait. Ouais, juste pour pas y aller. Moi, en soi, je me disais que ça tombait bien : si j’arrivais à faire rentrer ma mère dans la boutique Disney où on est obligé d’acheter, j’aurais le droit à un super jouet. Un jour, on est rentré et on est ressorti sans rien. J’ai pô compris…

Ma mère, parfois, elle me disait « oui » pour avoir la paix sans vraiment faire attention à ce que je lui disais. Faut dire, j’étais chiante. Ainsi, j’ai longtemps cru que j’étais la seule enfant du monde à habiter un lotissement ou que si tu avalais un noyau de cerise (par inadvertance), tu aurais peut-être un jour un cerisier qui pousse par le trou de balle !

Ma mère, elle m’a laissé croire à la petite souris bien que je sois terrifiée par les animaux. Du coup, je mettais ma dent de lait dans le couloir pour pas qu’on vienne me grignoter l’oreille pendant la nuit.

Ma mère, elle nous faisait du pop corn et nous emmenait voir Henri Dès en concert. Même qu’on rentrait à la maison tout de suite parce qu’elle s’était trompée de date. Déception.

 

Et toi, on t’a menti ?

*Photo Nagano Toyokazu