Randy P

 

Randy P

 

Je crois que j’ai une capacité de tolérance au bruit assez limitée.

Les autres, ils veulent toujours mettre de la musique, toujours plus fort, toujours plus longtemps. Perso, il y a un moment où je sature. Où je ne supporte plus.

Tu sais quand c’est au point où on ne s’entend plus parler, que ce soit en soirée, autour d’un verre, en voiture, chez moi ou au travail. Je trouve que le trop-de-bruit est un frein à la pensée et à la concentration. J’ai vite l’impression de me perdre dans le fil de mes idées, de me sentir paumée ou dépassée quand le bruit prend le dessus.

Prenez l’exemple de la voiture. Quand je cherche ma route et que je galère, je ne supporte pas entendre une pin-up brailler dans les enceintes même si j’adore sa chanson. Alors je ne baisse pas, je coupe. Et je l’affuble même un petit « Tagueule » injustifié à mon autoradio comme s’il était le seul fautif.

Ou quand tu es invitée à manger chez quelqu’un et que la télé est allumée. C’est bête, hein, mais je ne peux pas écouter Milady me dire qu’elle a une fuite de machine à laver si les anges de la téléréalité sont en train de laver leur linge sale en famille. Ma concentration ne suit pas et écouter Milady devient un calvaire à cause des deux sources de pollutions auditives en même temps.

Au bureau aussi, quand je dois écrire un papier, je suis très vite exaspérée par les bruits de mon environnement. Cela peut-être le récit du dernier week-end à Deauville de Mumu (aussi intéressant soit-il), les téléphones qui sonnent dans tous les sens, la musique à fond de balle, Robby qui pousse la chansonnette en rythmant le tout avec sa souris, Josy qui parle à Mumu en criant parce que 15 mètres les séparent (et toi tu es au milieu, bien sûr) et parfois, tout en même temps. Je te laisse imaginer. Comment veux-tu que je produise dans ces moments-là ? Je ne m’entends plus penser, c’est insupportable.

 

Ou encore quand j’écoute des gens aux voix de crécelles parler voire rire. Je sais bien que ce n’est pas leur faute mais ça m’agresse. Je pourrais très bien rouler par terre avec les mains sur les oreilles mais je suis consciente du ridicule de cette situation et de sa faible efficacité.

Evidemment, je ne peux pas demander à la pin-up d’arrêter de chanter par télépathie, à Milady d’éteindre sa télé sur le champs  (enfin si, ça je le fais) ou même d’exiger le silence absolu dans le bureau parce que, merde, mon métier demande de la réflexion et de la concentration.

Non, c’est à moi de m’adapter. La solution ? Couper le bruit ou le fuir. Et vous ne pouvez pas savoir le bien fou que ça fait d’un coup, de retrouver le fil de ses pensées, de pouvoir penser tout court.

Il y a des jours, au travail, je sens poindre un mal de tête lancinant tellement le bruit me dérange. Alors n’allez pas croire, que je sois acariâtre avec les autres mais dans ces moments-là, la seule chose dont je rêve, c’est le silence et il sera le seul à abréger mes souffrances. Et généralement, je finis la journée telle une larve sur mon canap à dormir une heure pour apaiser mes souffrances.

J’aime être entourée. J’aime voir du monde. Mais j’aime beaucoup être seule aussi. Le soir, quand je rentre à la maison, j’apprécie le calme ambiant, j’apprécie pouvoir être la seule décisionnaire du bruit qui m’entoure ou non. Bon, j’espère que ça ne durera pas non plus, ce serait bien qu’un beau brun ou un joli blondinet vienne y prendre ses marques, faire quelques bruits de casseroles et de babillages aussi mais pour le moment, je savoure.

Du bruit quand je veux, du silence quand c’est nécessaire.

Vous allez me dire que de toute façon, j’ai un terrain. Je vous avais parlé il y a quelques temps de ma misophonie buccale (l’horreur des bruits de bouche)(et des bruits de feutre). Je crois vraiment du coup que le bruit est un souci chez moi.

Alors pourquoi le bruit me saoule t’il littéralement ? Est-ce un problème de patience, de concentration ou autre ? Je ne sais pas vraiment. Pourtant, j’aimerais me la jouer caméléon du bruit sur ce coup-là. Etre à l’aise partout où il y a du bruit, en demander toujours plus, ne plus subir le bruit, le brouhaha, ne plus penser qu’à ça quand ça m’obsède…

Si vous saviez à quel point j'admire mon pote Ronaldo qui arrive à travailler avec un casque de musique sur les oreilles. J'en rêve !

En gros, je veux quitter cet état d’irritabilité quand je dépasse le seuil du supportable et vivre en parfaite harmonie avec les situations qui m’entourent. C'est possible, tu crois ?

*Photo Randy P. Martin