Julien Mauve After Lights Out

Les défenseurs de l’achat diront : 

« Quand tu y regardes de plus près, c’est tout bénef. Tu payes moins voire le même prix que la location et le logement t’appartient. » 

Les défenseurs de la location rétorqueront : 

« Oui, mais tu es seule. Tu ne pourras pas emprunter beaucoup. Et tu risques de te retrouver dans une surface plus petite que ton 40m2 en location. » 

Les défenseurs de l’achat se ressaisiront : 

« Ta situation est stable. Tu en ferais ce que tu voudrais. Tu pourrais bien étaler ton prêt comme ça… » 

Ce à quoi les défenseurs de la location répondront : 

« Mais je pensais que tu voulais un jardin quand tu achèterais… Et puis, tu as déjà un prêt pour ta caisse en ce moment. » 

Oulala ! Ce discours est sans fin. Beaucoup (enfin au moins deux personnes différentes) achètent autour de moi en ce moment. Et beaucoup (là, au moins 10 personnes) me demandent pourquoi je ne me lance pas aussi à mon tour dans l’achat immobilier. 

J’avoue que je n’y avais jamais pensé. Pourquoi ? Parce que je suis jeune. Acheter, c’est un truc d’adulte, non ? Et je n’étais pas encore assez adulte dans ma tête pour y songer. 

Mais au final, je paye des impôts, j’ai un crédit pour ma voiture, je paye une redevance audiovisuelle et plusieurs assurances… Oh My God ! C’est donc vrai ! Je suis adulte et responsable. Je peux donc réfléchir à ce genre de sujets casse-tête. 

Comme je n’y connais, rien, c’est un peu le flou. Et je ne sais pas si je me sens totalement prête à me lancer dans l’investissement. Ce n’est pas rien quand même. 

Les Télécréateurs2

Dans mon schéma de vie comme j’aimais l’imaginer, j’ai toujours pensé que le jour où j’achèterai, je serais deux. On achèterait une maison. Avec un jardin. 

Parce que si je tolère la vie en appartement aujourd’hui, je sais que demain, j’aurais besoin d’un extérieur. Et il est vrai que si j’achète, ce n’est en aucun cas pour m’enfermer dans une cage à poules, plus petite que mon chez moi actuel. Je ferai une dépression et étoufferai direct, c’est certain ! 

Or, je sais très bien quel genre de budget j’aurais. Et pour être allée faire un tour du marché (de l’immobilier, hein ! Pas là où ils vendent les poulets), je sais pertinemment ce que je pourrais avoir pour ce prix. Des 16 m2, des studios, des apparts taille moyenne mais où il faut tout refaire, des caves ou alors un garage. Et c'est vraiment ce que je ne veux pas. Décidément, on n’est vraiment pas fait pour vivre seul… 

Enfin voilà, quoi. Je ne sais pas. Je suis perdue. Suis toute embrouillée. Je me dis que si je suis à la phase où ça fait peur, où c'est pas clair... C'est que je ne suis pas prête. Pas prête à me casser la tête, pas prête à faire ce pas de plus dans la vie des grands. Et puis quoi encore ? Et après, ça veut dire que j'irai au marché en tirant une poussette à roulettes ? Plutôt crever. Ce sera sans doute pour plus tard. Pour le moment, c'est vrai que je préfère aller boire des mojitos avec mes potes plutôt que de penser à ce genre de choses. Ca me rend plus sereine... 

Bon, je peux toujours aller voir ma banque. Ca ne coûte rien.

 

Et toi, tu en penses quoi ? Tu as fait comment toi ?

Note de bas de page : Que toute personne allant au marché avec une poussette à roulettes ne s'offense pas d'un tel article. Merci. Cordialement. Bisous.
*Photo Julien Mauve (After lights out) et Les télécréateurs